Sugar Queen (US/NL) support act Bénédicte Ryhon Blues (Report Français) Iguana Café - 21-03-2025 reporter & photo credits: Paul Jehasse info club: CC St Georges (Iguana Café) © Rootsville 2025 |
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Le concert de Meena and Chris qui était initialement programmé ce 21 Mars n’a pu avoir lieu en raison d’un sérieux problème médical survenu à la pauvre Meena qui a dû être hospitalisée d’urgence. Ce contretemps n’a pas rebuté nos organisateurs qui nous ont trouvé in extremis une remplaçante de choix : Sugar Queen (US/Nederland).
Nous avons en outre eu la chance de recevoir Bénédicte Ryhon d’Esneux, une habituée d’Iguana Café, qui a fait une première des parties les plus réussies. Cette jeune femme a depuis longtemps quitté la Belgique pour vivre sur l’île de la Réunion. En s’accompagnant brillamment au piano pour le début de son show, elle a chanté deux titres en anglais, dont « Feel Good », de Nina Simone. Puis, à la guitare acoustique, elle a alors poursuivi avec quelques textes en français, nous posant la question : « Est-ce que vous rêvez ? », tout en espérant une force positive au-dessus de nos têtes. Elle a terminé son trop court set en nous faisant répéter ces deux morceaux de phrase : « Vous y reconnaîtrez-vous chair de ma peau, chair de ta peau ». Tout un programme pour sa dernière intervention.
Michèle se présente sur scène comme à son habitude, très souriante et heureuse de l’occasion qui lui est offerte de se produire en Wallonie, contrée qu’elle affectionne tout articulairement. Je ne l’avais plus vue sur scène depuis son apparition au Blues-Sphère en novembre 2022. C’était donc un grand plaisir de la revoir avec son « Straight Blues Band » composé de son fidèle guitariste Jean Raven, son bassiste le grand Erwin Huigen , son claviériste Arjan van den Oever et son nouveau batteur, Ralph Adriaansen.
Sans plus attendre, le concert débute avec « I’m That Kinda Woman » de son dernier album « Better Days » de 2021, ainsi que par « Big Leg Girl » (ahhh John Lee Hooker ou encore Albert King) de l’album « Sugar Queen Live » de 2019.
Je ne peux m’empêcher de reprendre une de mes phrases d’un dernier concert de Michèle car voici la quintessence de la femme qu’elle est réellement : « Regardez le dos de son dernier CD en date « Better Days », qu’elle était venue nous faire découvrir à lépoque et vous verrez la photo de la ferme familiale du Kentucky prouvant par-là que c’est une dame qui met ses origines et sa famille en valeur et lui prouve toute sa ferveur et son amour indéfectible. ». Sa famille, qu’elle aime raconter dans ses chansons, lui a inspiré le titre « Sassy Mama », cover de Big Mama Thornton de 1975. « Creeping » vient ensuite avec un parfait solo de batterie de Ralph (« Better Days » 2021).
Le premier set prend fin avec un extraordinaire slow blues mené de main de maître par Jean Raven, sa Fender bleue en bandoulière : …I heard it through The Gravepine… « Wanna Take My Man ». C’est plus qu’un slow blues. C’est un morceau de bravoure avec les interventions fort à propos de Arjan van den Oever qui fait chanter les notes des claviers à sa disposition.
L’interruption, toujours de circonstance, nous permet de découvrir diverses créations artistiques (notamment en bois peint) de Michele. La table « marchandising » est prise d’assaut. Le deuxième set commence par « Crab Boil Shuffle » qui est un plat typiquement cajun de
Louisiane et Sugar nous demande si nous connaissons ce célèbre plat. (Elle ajoute : « Love this crowd »).
« Give Sugar » ensuite, tiré de son album « 340 Blues » (2017), ainsi que du « Live » de Sugar de 2019. Puis « Better Days », nous en avons déjà beaucoup parlé. Il est suivi par une
chanson très poignante, « I Can’t Wait » dont le thème est la flasque et la bibine. Boire directement (I Can’t Wait to drinkin’ straight), un grand besoin parfois pour certains de l’album « 340 Blues » et aussi sur le « Live » de 2019. Voici une version que j’affectionne « Rock Me Baby » …rock me all night long… (BB King). Elle trouve son origine dans
Rockin & Rollin, une chanson de Lil Son Jackson (1951), elle-même inspirée par des blues plus anciens.
Jusqu’à présent, le tout est mené de main de maître par Sugar qui fait encore monter l’ambiance et la puissance du set qui se poursuit en crescendo admirable, rendant le public tout acquis à sa cause.
« Change My Name » (Better Days) survient avant un spiritual, que les anciens aiment chanter à l’église le dimanche, « Wade On The Water » ! (remarquable interprétation pleine de fougue).
« Shake off Dem Blues » est je crois un petit clin d’œil bienvenu à la situation politique US du moment.
Nous arrivons tout doucement à la fin de ce splendide concert, où Michèle demande au public : « qui est le plus important lors d’un représentation » ? : « le guitariste (non), le claviériste (non), le bassiste (non) ou le batteur (encore non). C’est tout simplement le gars qui s’occupe du bar « Hey Bartender ! » (compo de Floyd Dixon – 1955). Un dernier« encore » avec un « Sugar Queen Blues Groove » très enlevé qui clôture ce morceau de bravoure de la part de Michèle et de son groupe.
On n’est jamais déçu avec Sugar Queen … Bravo !!!